Point sur les GAFAM et le S&P 500

Analyse des résultats des GAFAM et perspectives du S&P 500

Point sur les GAFAM et le S&P 500
Photo by Tim Trad / Unsplash

Si la Fed définit le contexte macroéconomique, les entreprises du GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) sont les phares qui guident le S&P 500. Ces 5 sociétés sont suffisamment importantes pour représenter plusieurs verticales clés de l'économie américaine :

  • la grande consommation (Amazon),
  • l'électronique grand public (Apple),
  • les dépenses des entreprises (Microsoft),
  • et la confiance des entreprises via la publicité (Meta/Google).

Vous ne pouvez pas faire bouger le S&P 500 ou le Nasdaq de manière significative sans la participation de ces 5 sociétés. Par conséquent, prendre le temps de comprendre les GAFAM nous aidera à comprendre près de 20% du mouvement des prix du S&P 500.

Les GAFAM et leurs 5 plus grosses acquisitions

Le dernier trimestre a été remarquable pour les GAFAM, surtout compte tenu de tous les vents contraires macroéconomiques auxquels les autres sociétés semblent être confrontées. Des sociétés de grande consommation clés comme Walmart, Kroger, Shopify et Intel ont toutes publié des rapports dans lesquels elles indiquent que les perspectives macroéconomiques sont plutôt sombres.

Pourtant, les entreprises du GAFAM n'ont pas été affectées de la même manière. Cela nous amène à nous demander si ce trimestre a représenté le pic des bénéfices pour elles, ou si ces sociétés sont vraiment aussi saines qu'elles le prétendent.

Pour amorcer notre hypothèse, voici comment nous interprétons la configuration macroéconomique par rapport à la force fondamentale que ces sociétés viennent de déclarer :

👉 Les hausses de taux d'intérêt que la Fed a effectuées auront un effet retardé sur l'économie. Elles ont un impact immédiat sur les cours des actions, mais le véritable impact sur le consommateur ne pourrait se faire sentir que plusieurs mois après le relèvement des taux. Les dernières hausses importantes de la Fed en juin et juillet n'ont pas encore été totalement digérées par les consommateurs.

Par ailleurs, Visa a récemment indiqué que ses données sur les clients effectuant des dépenses transfrontalières ont atteint des niveaux impressionnants en raison de la reprise des activités touristiques. Cela a également été confirmé par la sur-performance des publicités de Google dans la catégorie des voyages. Le consommateur américain a probablement dépensé plus d'argent pour des voyages et des expériences au cours des derniers trimestres. La demande a explosé en raison de la réouverture des frontières aux États-Unis et dans la plupart des pays du monde (à l'exception de la Chine).

Dans le même temps, nous remarquons que des sociétés spécialisées dans le tourisme comme Expedia et Booking ont publié des perspectives plutôt pessimistes sur les voyages et les dépenses des consommateurs depuis leur dernier trimestre se terminant en mai.

Ce signal mixte peut sembler difficile à comprendre : pourquoi les commentaires des résultats d'Expedia et de Booking divergent-ils tant des résultats de Visa et de Google ? 🤔

Comment Expedia peut-il être pessimiste en matière de voyages, alors que Visa fait état d'une augmentation des transactions de voyages internationaux et que Google fait état d'une hausse des dépenses publicitaires dans le domaine des voyages ?

À notre avis, cela s'explique par le fait que les dépenses liées aux voyages sont tributaires de l'endettement par carte de crédit (ce qui est une bonne chose pour Visa). En d'autres termes, la force relative que nous observons dans les transactions liées aux voyages est due au fait que les gens empruntent de l'argent pour voyager, même s'ils n'en ont pas les moyens.

Le taux d'intérêt moyen des cartes de crédit aux USA est maintenant proche de 20%. Le taux d'épargne personnel aux États-Unis, combiné à une inflation élevée, ne nous donne pas confiance dans le fait que le consommateur américain puisse continuer à dépenser comme il l'a fait au cours des 18 mois précédents.

Personal Savings Rate (USA)

Visa évoque le fort volume de transactions réalisées sur son réseau mondial de cartes de crédit. Mais la société n'insiste pas sur le fait que chaque solde a maintenant un taux d'intérêt annuel de 20%.

En fin de compte, Visa et Mastercard pourraient commencer à voir des paiements en suspens. Étant donné que les économies personnelles issues des mesures de relance ont été largement utilisées depuis la pandémie, nous avons beaucoup de mal à croire que les consommateurs puissent continuer à dépenser de la même manière dans le futur proche.

Cela signifie que les prochains trimestres pour Google pourraient être plus difficiles qu'ils ne le sont aujourd'hui. Aussi, nous ne pensons pas que les orientations fournies par les GAFAM en tiennent pleinement compte, et voici pourquoi.

Dans la transcription des résultats de Microsoft, Amy Hood (la directrice financière) a déclaré que ses prévisions tenaient compte de l'environnement macroéconomique "actuel". Elles ne tiennent donc pas compte d'une éventuelle détérioration des conditions du marché.

Microsoft a également supprimé l'utilisation du mot "healthy" pour décrire ses prévisions de croissance à deux chiffres. Au cours des trimestres précédents, Microsoft a toujours utilisé cet adjectif pour décrire sa trajectoire. Pourtant, les estimations des analystes vendeurs pour les GAFAM ont à peine bougé.

En d'autres termes, nous pensons que les GAFAM évaluent un scénario dans lequel la croissance économique est bonne, pas assez en surchauffe pour que la Fed augmente encore de manière agressive ses taux, mais pas assez faible non plus.

Tim Cook d'Apple a récemment déclaré : "il n'y a pas de preuve évidente de l'existence d'un vent contraire macroéconomique" lié à sa gamme de produits iPhone.

Cette déclaration a été faite en dépit du fait qu'un plus grand nombre de personnes ont été signalées comme ayant des problèmes pour payer leurs factures de téléphone chez plusieurs opérateurs américains. L'action AT&T s'est d'ailleurs effondrée le mois dernier pour cette même raison.

Par ailleurs, Apple a fait état d'une croissance de 2% de son chiffre d'affaires et d'une baisse de 11% de ses bénéfices. Pour nous, l'absence de préoccupations macroéconomiques ne pourra plus être ignorée publiquement dans les trimestres à venir. C'est pourquoi nous considérons leurs prévisions comme "agressives".

Mais peut-être sommes-nous trop préoccupés par le paysage macroéconomique. Peut-être que les PDG des GAFAM sont capables d'avoir un meilleur pouls de l'économie que les données à notre disposition. C'est évidemment toujours possible. Dans ce cas, peut-être que le côté vendeur a raison de ne pas ajuster ses estimations.

L'Europe et le S&P

Notre opinion est que ce trimestre a été un trimestre de bénéfices très impressionnant, mais également surprenant pour les GAFAM.

Collectivement, nous pouvons voir que près de 100 points de la progression du S&P 500 au mois de juillet proviennent de AAPL, MSFT, AMZN, TSLA, NVDA et Berkshire Hathaway. Cela représente environ environ 1/3 de l'ensemble du mouvement de hausse de l'indice.

Les sociétés qui ont participé le plus en valeur absolue à l'appréciation du S&P 500 sur le mois de juillet

Cependant, nous pensons que le marché baissier n'est pas encore terminé, et les récentes interviews publiques de Zelensky indiquent que la paix avec Poutine est pour le moment une hypothèse improbable. Cela va continuer à maintenir l'inflation élevée par le biais des prix du pétrole et des perturbations des chaînes d'approvisionnement.

La Russie va également limiter les livraisons de gaz naturel à l'Europe, ce qui signifie que l'UE pourrait connaître des pressions inflationnistes encore plus fortes qu'aujourd'hui. Les prix du gaz en Europe ont doublé cette année, et à l'approche de l'hiver, ils pourraient continuer à augmenter. La BCE, tout comme la Fed, poursuivra également sa politique de hausse des taux.

Nord Stream 1, le principal gazoduc reliant l'Allemagne et la Russie, a été fermé le 11 juillet pour une maintenance annuelle (AP)

L'ensemble de l'UE représente environ 1/4 du PIB mondial. À moins que la guerre entre la Russie et l'Ukraine ne prenne fin, l'utilisation du gaz comme arme géopolitique par la Russie va continuer à peser sur la production économique de l'UE. Cela entraînera des problèmes de productivité pour l'Allemagne, la plus grande économie de l'UE, qui devra commencer à rationner le gaz pour soutenir ses infrastructures.

Il ne reste plus que quelques mois avant que le discours sur le ralentissement de la croissance mondiale ne fasse à nouveau la une des journaux, alors que l'économie européenne est mise à rude épreuve par sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.

Il n'est alors pas difficile de comprendre pourquoi Ray Dalio est en train de shorter l'Europe, bien que les actions européennes soient en dehors de notre champ de couverture à Afterlife Labs.

👉 Le S&P 500 et le Nasdaq ne sont pas à l'abri des problèmes européens. Environ 14% du chiffre d'affaires global du S&P 500 provient du vieux continent. Des perspectives européennes plus faibles influenceront également le bénéfice par action du S&P 500.

Notre opinion

Nous nous approchons du niveau supérieur du range 4000-4200$ sur le S&P.

Les nouvelles positions long démarrées à ces niveaux aujourd'hui ont un risque sérieux de devenir une perte à un moment donné sur les 6 prochains mois. Cette probabilité augmente encore plus si le S&P entre dans le range 4200-4400$, car les réductions de bénéfices et l'expansion des multiples rendront les valorisations encore moins attrayantes.

À l'heure actuelle, nous considérons que le rendement du risque du S&P 500 est le suivant à moyen terme, sur la base du sommet local de 4180$ :

  • à la hausse : 4-5% supplémentaires en raison de la couverture des positions short et du positionnement des investisseurs.
  • à la baisse : potentiellement de 15 à 20% en raison d'une mauvaise interprétation du pivot de la Fed, d'une révision à la baisse des bénéfices et du fait que les investisseurs institutionnels vendent leurs actions aux prix plus favorables d'aujourd'hui.

Par exemple, le 5 août, le PDG de BlackRock, Laurence Fink, a vendu 44 500 actions de la société pour un total de 30 millions. C'est la plus grosse vente de Fink depuis début 2020. La dernière fois, c'était juste avant la crise Covid.

Par conséquent, nous ne trouvons pas que le rapport risque/bénéfice soit favorable, mais il y a encore un peu de chemin à parcourir si les marchés veulent bien continuer à progresser. À Afterlife Labs, nous profitons de ces niveaux pour nous décharger de nos actions et diminuer notre risque, comme indiqué sur notre Brief Premium.

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